Madame Anie Samson
V.P. comité exécutif
Ville de Montréal
Re : Réglementation anti-animaux
Madame,
J’ai écouté votre entrevue à la radio hier et il est de
mon devoir pour la protection des animaux de Montréal, de vous mettre en garde
contre les notions que certaines personnes essaient de vous faire adopter.
Licence
pour chats
Il est faux de croire que licencier les chats va
responsabiliser leurs propriétaires. Sans une campagne d’éducation sérieuse et
des incitatifs, les québécois étant ce qu’ils sont, ils vont simplement mettre
le chat à la rue plutôt que de le déclarer même si au départ vous avez idée que
la licence soit gratuite.
Déjà que votre taux de licences pour chiens n’est pas
élevé, seuls les propriétaires de chats responsables (et peureux) vont
enregistrer leur félin.
Ce que je vois là c’est un moyen détourné pour ne pas
dire malhonnête de faire le recensement des animaux dans la ville pour mieux
les contrôler et par la bande mieux contrôler leurs humains.
Incitatifs
Tant qu’il n’y aura pas une politique générale de
stérilisation des chats et des chiens à prix modiques, oubliez ça. Même chose
pour le micropuçage. Ce ne sont que des vœux pieux ou une autre façon de donner
des contraventions.
Vous ne pensez pas que les montréalais en ont assez ?
Pour le moment, certains arrondissements paient la
stérilisation de chats errants mais si une personne adopte un chat qui a été
abandonné, elle est prise avec les frais faramineux de vétérinaires.
Sans compter la réglementation contradictoire dans ces
mêmes arrondissements qui remettent les chats férals dans leur environnement
tout en interdisant de les nourrir.
Je crois sincèrement aux avantages de la micropuce mais
à $100 pièce, ce sont seulement les propriétaires responsables qui vont la
payer. Les autres, ayant peur aux frais et amendes s’ils viennent à perdre leur
chat, vont éviter cette procédure et si elle devient obligatoire, vont mettre
le chat dehors tout en le nourrissant. Il ne vit plus chez eux donc ne leur
appartient plus.
On est loin de solutions magiques.
De plus, je ne sais pas pourquoi vous parlez du « Modèle
Calgary ». Ce qu’on a oublié de vous dire c’est que ça fait au moins 10
ans que ce modèle ne fonctionne plus, que l’auteur a pris sa retraite et que
les habitants de Calgary en étaient très heureux car ils en avaient ras le bol
des amendes.
Comme vous le verriez dans
une opinion que j’aurais aimer vous annexer de Merritt Clifton, journaliste
américain et chercheur réputé, il en fait l’analyse et met en garde les villes
qui voudraient s’en inspirer. (http://www.animals24-7.org/2014/06/03/should-vets-report-vaccination-clients-to-pet-licensing-agencies/
Surtout si vous
essayez de couvrir vos frais avec le prix de la licence. L’administration du
système que vous voulez instaurer coûte trop cher et vous allez y engloutir des
millions $. Aussi bien en prévenir le public.
Déjà que l’escouade canine de la ville ne peut pas
administrer la population de chiens sans faire de gaffes, de faire disparaître
des animaux que les maîtres ne peuvent plus retrouver, je ne peux m’imaginer
que si vous étendez le système à la grandeur de l’ile ça aura plus de succès.
Le but de mon pavé dans votre trou d’eau c’est pour
vous faire prendre conscience qu’on vous a donné de fausses informations qui ne
sont pas applicables au Québec. Vous dites toujours qu’au Québec c’est
différent bien dans ça aussi la mentalité est différente.
Par exemple ce n’est pas une petite campagne à 15 jours
du Festival des déménagements qui va empêcher les abandons. Je pense qu’une
grande campagne auprès des propriétaires de logements locatifs (et pourquoi pas
une réglementation) aurait été plus efficace. Ce n’est pas l’animal qui est
malpropre c’est l’humain qui en a la charge.
Tant que les inspecteurs n’auront pas compris non plus
qu’un chat ça vit, mange et chie la nuit, qu’à 7 hrs du matin il y a un risque
que la litière soit souillée et les bols vides , alors là on s’enligne vers des
abus, des invasions de domicile à l’encontre de la Charte et des dénonciations
anonymes pour régler des différends qui n’ont rien à voir avec les animaux.
Etes vous prête, madame Samson à faire la part des
choses et à traiter les propriétaires d’animaux avec civilité ? Ils sauront
vous le rendre et même à aller jusqu'à vous aider à mettre votre système sur
pied si vous savez les respecter et pas seulement en mots dans un dépliant; ça
prend des actions concrètes.